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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 10:56

TOUJOURS RECUPERATION ET ACTUALISATIONS DE TEXTES MYSTÉRIEUSEMENT DISPARUS

Lorsque j’ai mis le premier orteil dans une prison, je ne me doutais pas qu’il y avait autant de monde. Détenu, personnel de surveillance, et intervenant intérieur et extérieur. C’est une véritable ruche.

Il y a plein de détenus qui vont dans tout les sens, comme muent pas des puces électroniques, plus ou moins ordonné par le personnel.

Avant de faire ce métier, j’avais une vision simpliste de ce monde. Une prison c’était un bâtiment fermé, ou des gardiens aimables comme des portes de prisons, ouvraient les portes des cellules (d’où l’expression « les surveillants sont des portes clefs ») juste pour donner à manger. Je savais qu’ils avaient droit à une promenade dans une cours, comme nous enfant avec la cour de récréation.

Ce retrouver plongé dans ce monde et surtout aux Baumettes, c’est franchir l’enfer du décor. Nous rentrons dans une troisième dimension.

Les coursives, car oui cela s’appelle des coursives comme dans un bateau ivre, sont envahies toute la journée de monde. Les détenus qui rentrent et sortent pour aller à différentes activités, d’autres qui distribuent les cantines (épicerie intérieur) ou les draps. Au milieu de tout cela un pauvre type en bleu. Il regrette déjà, il se demande s’il ne va pas démissionner se soir. Ce pauvre gars essaye de fermer ou d’ouvrir les portes sur 300 mètres, aller et retour, de son demi-étage, cela rythmé par un débit de noms égrené, par un micro grésillant, digne de camps de la mort.

J’ai vécu cela aux Baumettes, plus que dans un autre établissement le choc est horrible. C’est un choc moral, on se pince pour savoir si on ne dort pas. Déjà pour renter dans ce blockhaus, il faut passez des tonnes de grilles. Tu passes la première tu souris, tu passes la dernière tu pleures sans même que le surveillant te dise un mot. C’est comme cela que je l’ai ressenti.

Nous sommes beaucoup de personnel à faire ce que nous pouvons, c'est-à-dire quasiment rien en dépensant une énorme énergie. Aux Baumettes un étage c’est 300 mètres, donc 600 aller-retour. Le demi-étage la moitié moins. Cela vas de 150 a 300 détenus. Ils sont à deux surveillant par étage, si un part une heure et cela arrive souvent, croyez moi que le pauvre gars ne pourras jamais arriver à faire toutes les taches imparties de son palier. Entre les promenades, les parloirs familles et avocats, j’en passe des bonne et des meilleurs, l’agent n’a pas une seconde à lui. Alors c’est vrai que le détenu peu se sentir, ignoré. Mais de là a penser que nous ne faisons pas grand-chose, c’est bien mal nous connaître. Alors, c’est vrai nous HOUSPILLONS !!!

Cent cinquante détenus qui remontent de promenade et qui courent dans tous les sens pour avoir ce qui leur manque en cellule, tabac, café, bouquins etc, et qui ne sont jamais devant la porte que nous avons ouverte pour faire rentrer le mouvement de promenade, alors oui nous HOUSPILLONS…Mais cela est normal, au lieu de mettre 5 minutes on met dix a quinze minutes et cela retarde le travail que nous avons à faire.

« Le jour ou nous sortons, eux reste »

Combien de fois, j’ai entendu cette phrase. Regardez « les temps moderne » de Charlie Chaplin, vous verrez qui c’est le plus en prison l’ouvrier ou le fonctionnaire.

Le travail n’est-il pas la prison de l’homme ? Qui lui permet de s’offrir honnêtement de la liberté avec l’argent qu’il a gagné

Une vie entière en prison. Tu parles !!!!!! vingt cinq ans de service pour trente ans compté pour la retraite et plus de mille cinq cent balles de retraite…..

Prend un ouvrier actuellement, il fera quarante deux ans de cotisation et il n’est mémé pas sur de toucher le SMIG, après avoir trimé jusqu'à soixante cinq ans et plus.

Prend le voyou, lui il a de grande malchance de ne pas avoir de retraite. A moins que ce soit un hors la loi intelligent, qui aura mis son magot à l’abri pour ces vieux jours. A ce niveau là, il aurait mieux valut qu’il soit honnête.

Pour terminer on ne dit pas que les travailleurs sociaux, les intervenants intérieur ou extérieur passent leur vie en prison !!!! Pourtant ils passent autant de temps que nous.

Je pense que pour le détenu, c’est l’effet de miroir pour eux que de ce dire les gardiens restent toute leur vie en prison, nous on sort. D’accord…….le mois dernier, il y en un qui a pensé cela mais il a été abattu en face de la porte de la prison.

A méditer

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Published by sorelisa
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  • : UN PAS AU DELA DES MURS
  • UN PAS AU DELA DES MURS
  • : RÉFLEXION SUR LE MONDE CARCÉRAL D'ÂPRES MON LIVRE " UN PAS AU-DELÀ DES MURS" OU J'AI PASSE 25 ANS COMME MAJOR DE CETTE ADMINISTRATION.
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